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Dave G. Pelletier, l’infidèle

Il pourrait parler de ses souvenirs de spectacles pendant des heures. De ses premiers shows punk à la danse contemporaine, Dave G. Pelletier, un boulimique de culture, se présente lui-même comme un infidèle. 

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Amandine Gauthier
18 septembre 2017

Il pourrait parler de ses souvenirs de spectacles pendant des heures. De ses premiers shows punk à la danse contemporaine, Dave G. Pelletier, un boulimique de culture, se présente lui-même comme un infidèle. Incapable de s’abonner à un lieu unique, il a besoin de vivre des expériences variées et de stimuler son intérêt au travers d’un spectre d’émotions le plus large possible. Tour d’horizon artistique d’un amateur de sensations fortes.

Impliqué bénévolement dans l’équipe des communications du Festif de Baie-Saint-Paul depuis plusieurs années, Dave s’illumine dès qu’on en fait mention. Là-bas, on ne va pas voir un artiste, on va assister à quelque chose, on va vivre une expérience avec d’autres gens. […] Une fois que tu as vécu un Festif, tu ne peux plus t’en passer.Petit festival devenu grand, Le Festif déplace désormais les foules chaque été. « On entretient le mystère, on suscite l’intérêt, il faut que les gens vivent l’expérience pour la comprendre. »

Lorsqu’il n’est pas à Baie-Saint-Paul, Dave parcourt les salles de spectacles à la recherche de l’aventure artistique qui saura faire la différence, de la décharge d’émotions qui le bouleversera. « Je veux vivre et ressentir. Je veux voir les gens autour de moi recevoir la proposition. » De Toronto à Québec, en passant par Montréal, les souvenirs sont nombreux. Et chaque fois c’est le partage qui prend le dessus. Comme ces émotions ressenties la première fois qu’il a entendu le bruit de la foule dans un spectacle de Young MC à l’Agora du Vieux-Port alors qu’il était enfant, ou ces sorties montréalaises dans des festivals punk à l’adolescence, ou la plus récente représentation de The Wall sur les plaines d’Abraham : elles ont toutes ceci en commun qu’elles lui permettent de savourer chaque opportunité de vivre une expérience au cœur de la foule. « Entendre 6 000 personnes qui chantent en cœur, c’est extraordinaire. » Et vivre un silence tous ensemble peut l’être tout autant. « Je me souviens d’une performance de Dave St Pierre à la Maison pour la danse. On était tous en suspens, en silence, c’était intenable. » Quand le public devient partie prenante du spectacle, avec cette émotion brute partagée, c’est là qu’un spectacle devient mémorable. « Je ne veux pas choisir d’aller voir un spectacle, je veux qu’il s’impose à moi. »

Et parce que rien ne vaut la proximité avec l’artiste, Dave a une nette préférence pour les petites salles. « C’est plus facile d’y sentir l’émotion qui attend juste qu’on l’attrape. » Nombreuses sont celles à qui il voue un attachement particulier : les regrettés bars jazz du Clarendon et D’Auteuil ont longtemps occupé une place particulière dans son cœur. Les souvenirs y sont nombreux. Aujourd’hui encore, Dave évoque des lieux comme le Bar Ste-Angèle ou la Taverne (à Saint-Casimir, dans Portneuf) pour leur programmation surprenante et l’ambiance si particulière qui y règne. Parce que rien ne vaut de découvrir une perle rare dans l’une de ces salles et pouvoir, plus tard, se dire qu’on a découvert cet artiste avant qu’il ne joue dans des arénas.

Si, de son propre aveu, des choses merveilleuses se passent dans la grande région de Québec, il lui reste cependant un souhait : « on est nés du métissage, pourvu qu’on continue d’avoir des expériences de métissage ! » . Puisse notre belle région continuer d’être fière de sa diversité.
 

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