À l'avant-scène
Musique

Nicolas Houle : le Spirou du rock’n roll

«Souvent, le moment magique d’un spectacle n’est pas causé par une foule immense. Parfois, dans de plus petits lieux, comme la salle d’Youville ou au Petit Champlain, il y a de quoi qui se passe, une magie qui s’installe. Ça vient de la performance, mais surtout de la connexion avec le public», estime Nicolas Houle. 

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«Souvent, le moment magique d’un spectacle n’est pas causé par une foule immense. Parfois, dans de plus petits lieux, comme la salle d’Youville ou au Petit Champlain, il y a de quoi qui se passe, une magie qui s’installe. Ça vient de la performance, mais surtout de la connexion avec le public», estime Nicolas Houle. Il faut dire que cet ancien journaliste culturel du Soleil qui travaille maintenant au Palais Montcalm a l’expérience des shows.

Le journaliste, ce rapporteur des événements et des choses doté d’une forte curiosité, est un personnage omniprésent dans le monde de la bande dessinée. C’est au fil des cases que le plan de carrière de Nicolas Houle s’est tranquillement dessiné. «J’ai grandi en lisant des BD avec plein de héros qui étaient journalistes. Être un Tintin ou un Spirou, c’est ça que je voulais faire de ma vie», explique-t-il. Évidemment, en tant que journaliste culturel, il n’est pas question de partir à la chasse au Marsupilami ou de résoudre l’énigme du sceptre d’Ottokar.

Il s’agit plutôt de développer une obsession aux ambitions encyclopédiques pour la musique, et de voyager par le rythme dans un univers passionnant.

« Être journaliste, ça m’a donné l’opportunité de faire partager ma passion pour la musique, mais également de la conjuguer avec mon travail. Tu peux aimer la musique mais faire autre chose le jour, mais tu ne peux pas creuser autant de sillons à moins d’être là-dedans à temps plein. »
- Nicolas Houle

«J’étais toujours dans la musique. Ça fait grandir et ça apporte un grand bagage», ajoute-t-il.

En 1999, c’est muni d’un diplôme en littérature que le jeune mélomane décroche son premier emploi au Voir. Alors qu’il vient tout juste de terminer le marathon que représente la rédaction d’un mémoire de maîtrise, les courses contre la montre beaucoup plus intenses imposées par les tombées hebdomadaires du Voir vont trop vite pour le jeune journaliste, qui doit rapidement s’adapter.

«Ça n’avait pas de bon sens, dit-il. Alors imagine quand je suis arrivé au Soleil en 2002 et qu’on m’a dit que je devais publier tous les jours, puis plusieurs fois par jour!»

Nicolas Houle restera 15 ans au Soleil et en viendra assez rapidement à diriger la section Arts. Une position qui le place aux premières loges des changements vécus par les médias écrits au cours des dernières années. «Désormais, quand une nouvelle tombe, tu ne peux plus attendre au lendemain. On est dans l’instantané», déplore-t-il un peu.

Il y a toutefois, bien sûr, des moments où la rapidité et l’exclusivité offrent une immense satisfaction. Ayant par exemple obtenu une entrevue impromptue avec Roger Waters, Nicolas apprend de la bouche du grand musicien qu’un opéra classique de The Wall est en préparation et que Montréal est sur la liste des villes visitées. «Bang! J’avais le scoop! Ça, c’est un méchant trip, c’est vraiment le fun!» se souvient-il.

Après une décennie et demie au Soleil, Nicolas est toutefois de plus en plus fatigué. «Avec tous les changements dans les médias, j’étais un peu essoufflé. Dans les deux dernières années, je sentais que j’étais peut-être mûr pour aller ailleurs, que j’avais fait un peu le tour, même si j’avais encore beaucoup de plaisir à écrire.»

Il est maintenant coordonnateur à la programmation au Palais Montcalm. Il y a trouvé un lieu de travail exceptionnel, mais surtout une équipe au sein de laquelle il s’est intégré rapidement. «Une belle gang de passionnés», décrit-il.

En fait, Nicolas Houle a toujours aimé le côté champ gauche du Palais Montcalm. S’il avait dressé une liste d’employeurs rêvés lorsqu’il est parti du Soleil, cette salle de spectacle aurait certainement figuré au sommet.

Pour le journaliste habitué à écumer toutes les salles de la capitale, le moment est toutefois venu de prendre une petite pause. En effet, au cours des derniers mois, il s’est fait moins vorace de décibels. «Il a fallu que j’apprenne à faire le tri entre ce que j’ai vraiment envie de voir et ce que je vais voir pour le travail», conclut-il.

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