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Webchat avec Jacques Leblanc

Ses réponses à vos questions sur son personnage de Salieri dans Amadeus et quelques uns des 117 autres rôles qu’il a tenus au théâtre. Nous remercions le Théâtre du Trident pour sa complicité.    

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Publié le : 12 février 2018

Ses réponses à vos questions sur son personnage de Salieri dans Amadeus et quelques uns des 117 autres rôles qu’il a tenus au théâtre.

Nous remercions le Théâtre du Trident pour sa complicité.

👤 14 h 03 : Bonjour monsieur Leblanc, j’aimerais savoir si vous avez une ligne préférée au théâtre?

J’en ai quelques-unes! J’ai beaucoup aimé dire des phrases qui semblent anodines comme « Mes gages… mes gages… » à la fin de Dom Juan, mais qui tout à coup deviennent très touchantes!

👤 14 h 06 : Est-ce que vous devez faire beaucoup de recherche pour vous plonger dans un rôle? Ou vous suivez plutôt ce que l’auteur et le metteur en scène proposent?

Je fais au départ des recherches sur l’auteur, l’époque et le style. Ensuite je travaille mes répliques, ce qui s’y cache.

👤 14 h 07 : Bonjour! Je voulais savoir ce que vous aimez le plus de votre métier.

J’aime énormément répéter, la vie de groupe, le travail commun! J’aime ensuite la rencontre de tout ça avec le public, qui nous indique par ses réactions ce que la pièce est réellement!

👤 14 h 08 : Comment vous préparez-vous pour un premier rôle comme dans Amadeus? Est-ce toujours le même genre de préparation?

J’ai d’abord lu une biographie de ce compositeur, Salieri, que j’incarne. C’est rare qu’on interprète un personnage réel. Ensuite j’ai commencé très tôt à apprendre mon rôle… J’ai plusieurs pianos… grandes répliques qui seront pour moi des défis importants.

👤 14 h 08 : Jacques, vous avez dit que votre rôle dans Amadeus était l’un des plus gros morceaux qu’on vous ait proposés. Pourquoi?

Un gros morceau car sur 2 h 30 de spectacle, je dois probablement dire du texte pendant 2 h! Ensuite, je suis en scène de la première à la dernière seconde. Le personnage a 30 ans puis 73 ans et ensuite encore 30, etc. Il faut que ça soit crédible! Et pour terminer sur ça, il faut que le spectateur se détache du film de Forman… et moi aussi d’ailleurs!

👤 14 h 10 : Est-ce que vous vous maquillez vous-même avant chaque spectacle?

Pour le maquillage, nous avons d’abord un(e) concepteur(trice) qui nous maquille d’après les indications du metteur en scène. Ensuite nous le faisons nous-mêmes tous les soirs.

👤 14 h 12 : Pensez-vous un jour écrire un spectacle, une pièce?

C’est drôle car j’ai commencé par écrire! J’avais fait au séminaire une pièce qui s’intitulait… Les beaux-frères. Mais je crois qu’elle n’était pas aussi bonne que la pièce de Tremblay! Puis j’ai écrit au Conservatoire quand j’y étudiais. Mais lorsque je serai à ma retraite… je me laisserai aller!

👤 14 h 13 : Bonjour, merci d’être là! Quel est le rôle que vous rêvez encore d’interpréter au théâtre, monsieur Leblanc?

Je m’étais dit après avoir joué L’avare que c’était le dernier grand rôle que je ferais… Puis est arrivé Salieri, et pour la suite, j’aimerais un jour jouer soit Prospero dans La tempête ou alors le roi Lear.

👤 14 h 15 : Bonjour Jacques. Je vous ai vu dans Hosanna à la Bordée pendant mon cégep. J’en garde tout un souvenir… et vous?

J’ai un souvenir absolument impérissable d’Hosanna de Tremblay. À la Bordée en 1998. J’ai l’impression d’avoir été cherché extrêmement profondément à l’intérieur de moi, dans certains recoins sombres, des émotions larges et difficiles. Nous avons joué beaucoup de représentations. Je l’ai jouée partout au Québec et en Europe.

👤 14 h 17 : Avez-vous une idée du nombre de productions dans lesquelles vous avez joué depuis votre Conservatoire? Et sur quelle scène vous avez le plus joué?

J’ai joué 117 rôles et j’ai surtout joué au Trident et à la Bordée. À une époque, en 2004, j’étais l’acteur qui avait le plus joué ici au Trident. Maintenant je ne sais pas.

👤 14 h 20 : Vous verrons-nous à la mise en scène bientôt?

Pour la mise en scène d’opéra, je l’espère grandement. J’adore!!! Il faut vous dire cependant que je monte Le bourgeois gentilhomme de Molière avec les finissants du Conservatoire après Noël en compagnie de l’OSQ et de l’École de danse de Québec.

👤 14 h 21 : Est-ce qu’il y a un personnage que vous avez interprété qui vous a particulièrement marqué?

Mon premier vrai grand rôle, Bousille et les justes, Scapin, Sganarelle aussi m’ont fait grandir énormément dans l’art d’interprétation. J’ai compris beaucoup de choses sur le jeu avec eux.

👤 14 h 23 : Avez-vous toujours fait carrière à Québec? Cela représente-t-il un certain défi?

 

J’ai principalement fait carrière à Québec, mais j’ai joué assez souvent ailleurs. C’est certain qu’ici, les avenues possibles pour un acteur c’est le théâtre, il n’y a pas beaucoup de télé ni de cinéma, pas énormément de publicités. Donc on travaille fort pour des cachets qui souvent ne représentent pas la réelle valeur de ce qu’on fait. Les théâtres sont sous-subventionnés et c’est ce qui occasionne cet état de fait.

👤 14 h 30 : Quelle est la différence entre diriger un théâtre et diriger un conservatoire?

Excellente question! Dans un théâtre, il y a une grande partie du travail qui est consacrée à la création. J’ai eu un terrain de jeu formidable pendant 12 ans à la Bordée. Cependant, le stress qui accompagne cela est très élevé… il faut vendre des billets à tout prix. Dans une école, nous faisons fleurir les qualités d’interprète et de créateur, de scénographe et de metteur en scène aussi. Il s’agit, avec l’expérience que l’on a, de bien voir à rendre toutes les conditions favorables à l’épanouissement d’un jeune artiste.

 👤 14 h 32 : Aurons-nous le plaisir de vous entendre jouer de la musique dans Amadeus, car je crois savoir que vous avez également une formation en musique?

Oui! J’ai étudié le violon pendant 11 ans… au Conservatoire. J’ai vraiment été choyé par le monde éducationnel de l’art! Avec 4 ans au Conservatoire de théâtre et 11 en musique. Je devrais jouer du clavecin dans Amadeus… mais on n’en est pas là encore. Je le souhaite en tout cas.

👤 14 h 36 : Jacques, allez-vous voir beaucoup de spectacles? En dehors des cinq théâtres de la ville, quelles autres salles aimez-vous fréquenter? Et quel type de spectacles aimez-vous voir?

Je fréquente assez souvent l’OSQ et les Violons du Roy. J’ai vu (et ça, ça fait rire les musiciens) le Concerto de Bruch il y a deux semaines. Je ne vais pas suffisamment à la danse et pourtant j’adore. J’aime infiniment l’opéra, j’ai vu Dialogues des carmélites l’an dernier à Montréal.

👤 14 h 46 : On a souvent tendance à voir Salieri comme un homme jaloux, envieux du talent d’Amadeus. Je sais que c’est beaucoup plus complexe. Vous, comment le voyez-vous?

Il est beaucoup plus que ça en effet. Il est surtout en colère contre Dieu qui lui a donné un talent moindre. Il se considère comme le roi des nuls, des minables. Mais ça dans la pièce, c’est à la fin de sa vie. Cependant, à son époque Salieri était vraiment plus connu que Mozart. Ce n’est qu’après la mort de celui-ci que la réputation de Salieri a baissé et celle de Mozart monté. Il y a aussi beaucoup d’airs de l’un qui se retrouvent dans les œuvres de l’autre! Mais au bout du compte, Salieri aura été un compositeur beaucoup plus riche que Mozart… mais moins talentueux.